Ma version du slow tourisme

Last Updated on 2 janvier 2026 by Delphine Bertaux

Quand je regarde les itinéraires de voyage de beaucoup de touristes, je vois des circuits très remplis, des plannings de journée qui maximisent chaque minute, un contrôle serré du temps et de ce qui va se passer. Pour moi, un voyage réussi et mémorable, c’est incompatible avec cette organisation. Je vais vous expliquer pourquoi et vous parler de ma version du slow tourisme.

« Je veux en voir le plus possible en voyage »

C’est ce que pensent beaucoup d’entre vous. Vous ne voulez pas manquer les incontournables, profiter à fond de votre voyage, le vivre le plus intensément possible. Ce voyage est peut-être exceptionnel, peut-être le seul que vous ferez dans cette région ou cette partie du monde, pour des raisons de budget ou de façon de vivre.

Vous avez envie de « rentabiliser votre voyage », d’optimiser le rapport coût-efficacité de votre dépense. Je comprends cette envie d’intensité.

« Je veux en prendre plein la vue en voyage »

Pas question de manquer un des incontournables et de ne pas aller là où il Faut aller, paraît-il. Pas question de ne pas « faire » ce qu’il Faut faire. Et si vous écoutiez plutôt vos envies à vous ? En vous demandant ce que VOUS aimez vraiment vivre, en vous renseignant avant de partir, vous allez trouver des endroits et des expériences qui vont vraiment vous faire vibrer. Si vous aimez cuisiner, vous pouvez trouver des ateliers cuisine et partager des beaux moments avec les gens de la région.
Je garde un excellent souvenir d’un cours de cuisine lors de mon voyage en Iran. Nous avons fait la cuisine ensemble, chez nos hôtes et nous avons partagé le repas après. C’était très sympa, chaleureux et ces moments vécus avec les habitants restent longtemps en mémoire.

Je préfère en prendre plein la vie en voyage

Pour moi, voyager, c’est vivre des bons moments, des beaux moments et construire des souvenirs durables. En voulant faire un maximum de choses, je ne peux pas vraiment vivre ça. Vous avez déjà entendu des gens dire de leur voyage : « J’aurais bien aimé passer plus de temps à … [tel site/tel endroit/tel logement/telle ville] » ? Ou vous l’avez déjà ressenti vous-même ? Ma vision du voyage, c’est justement d’éviter ce genre de frustration et de plus prendre le temps.

Pourquoi je préfère un voyage slow tourisme

L’approche slow tourisme m’offre la possibilité de faire plein de choses qui me laisseront des souvenirs parmi les plus beaux. En laissant de la place à l’imprévu et à la spontanéité, je vais :
– Rallonger une rando, aller finalement jusqu’à ce panorama incroyable et prendre le temps d’y rester.
– Discuter avec un commerçant et comprendre ses préoccupations du moment.
– Regarder un artisan travailler dans son atelier.
– Retourner à ce petit bar que j’avais bien aimé au coin de la rue.
– Rester un peu plus longtemps sur la plage, jusqu’à attendre le coucher de soleil.

Ma version du slow tourisme

En ayant un planning chargé, vous êtes fatigué, et quand on est fatigué, on profite moins bien de ce qu’on a devant soi. On est moins présent, on se rappelle moins bien de ce qu’on vient de faire. C’est particulièrement vrai si votre voyage se passe loin de votre pays, avec du décalage horaire. Les premiers jours, il peut y avoir un genre de brouillard de fatigue, parce que vous allez mal dormir la nuit et avoir très envie de dormir le jour 😴

Comment construire un circuit slow tourisme

Les sources d’inspiration

Si vous utilisez les mêmes sources d’information que tout le monde, comme le Guide du routard ou Instagram, vous verrez les mêmes infos et les mêmes pubs que tout le monde. Résultat : vous allez aux mêmes endroits, vous faites la queue pendant une heure pour entrer sur un site, vous faites la queue pour prendre La photo que tout le monde veut prendre. Vous êtes tout le temps dans une foule de touristes. Se retrouver dans le tourisme de masse, c’est vite pénible, surtout si vous voyagez pendant les vacances scolaires locales.

Si vous allez compléter vos infos avec d’autres sources, comme d’autres guides, des blogs de voyageurs, des sites d’office de tourisme, des forums, vous trouverez d’autres lieux moins fréquentés, des bonnes adresses soigneusement choisies et tout aussi intéressantes.

Je recommande de vraiment prendre ce petit temps en plus pour préparer votre itinéraire, pour aller un peu plus loin que les choses évidentes. Votre voyage sera encore plus beau, promis.

Prendre en compte les temps de trajet en entier

Vous pouvez utiliser Google Maps et calculer les temps de trajet en entier, porte à porte, entre les sites que vous voulez voir. Surtout quand on est dans une grande ville, où le temps pour aller d’un logement vers une gare peut être déjà assez long. Si vous avez déjà voyagé à Londres ou à New York, vous savez que vous pouvez déjà passer pas mal de temps dans le métro avant d’arriver à la gare où vous allez prendre le train pour aller visiter un site.

Quand vous intégrez les temps de trajet dans votre planning, vous pourrez voir combien de temps vous passez vraiment dans les transports, et combien de temps vous passez à vivre de belles expériences. Une personne m’a raconté son séjour de 15 jours au Japon, organisé par une personne de sa famille et m’a demandé mon avis sur le planning. Chaque jour, ils passaient entre 3 à 4 heures dans les transports, pour aller d’un site à l’autre. Finalement, ça fait vite la moitié du temps à se déplacer. Est-ce que se déplacer, c’est vraiment aller à la rencontre d’une destination ou d’un pays ?

Savourer l’immersion

Quand on regarde toujours l’heure pour ne pas manquer le prochain bus, le prochain train, la prochaine réservation, on est plus dans le prochain mouvement que dans l’instant présent. En passant plus de temps à chaque endroit, vous en profitez plus, mieux et plus en douceur. En vous donnant de la douceur, en donnant de la douceur au territoire que vous visitez, vous (vous) faites du bien. Est-ce que ce n’est pas ça, aussi, la vie, finalement ?

Ma vision du slow tourisme : less is more

Finalement, en prévoyant moins de choses sur mon itinéraire, je vais profiter de ce que je fais avec plus de profondeur. Je vais faire des activités en profitant vraiment à 100 %. Je vais découvrir le patrimoine et m’imprégner de la culture locale, savourer les rencontres avec les habitants.

Je vais m’intéresser à l’histoire et à l’environnement d’un site, pour mieux comprendre le sens de ce qui s’est passé et de ce qui se passe encore ici. Je vais louer un vélo une journée pour explorer le coin plus tranquillement. Je vais prendre le temps de regarder les oiseaux avec mes jumelles.

Le voyage slow tourisme, version L'étape suivante
Le voyage slow tourisme, version L’étape suivante

Récemment, j’ai vu le film de Vincent Munier « Le chant des forêts ». Dans ce film, il fait l’éloge de l’observation humble et de la lenteur. On voit les acteurs qui font de la chasse-photo : ils regardent patiemment, développent leur connaissance du milieu, voient les animaux qu’ils cherchent à observer, un peu, puis mieux, au fur et à mesure. Je trouve que c’est une belle approche, qui privilégie la profondeur à la quantité.

La course à la performance est devenue une sorte de valeur et de moteur pour beaucoup de personnes, dans la vie en général et dans le temps de loisir aussi (regardez le succès des compétitions de trail, cette course à pied chronométrée en montagne). En montagne, je préfère prendre le temps de regarder une fleur. En ville, je préfère ralentir et visiter une petite allée cachée sur une avenue, ou prendre le train suivant pour profiter plus longtemps d’un moment inattendu. Nous avons déjà des rythmes effrénés et le stress de courir après le temps dans notre quotidien, pourquoi en rajouter encore pendant les vacances, au lieu de se déconnecter de cette course ?

La tendance extreme day trip

Vous connaissez la trend de l’extreme day tripping ? Il s’agit d’un voyage en un jour, avec un aller et retour en avion, le tout en une seule journée. C’est l’extrême inverse du slow travel. J’ai vu sur Instagram une vidéo d’un américain qui a fait un extreme day trip New-York – Tokyo. Il a fait 14 heures d’avion, puis une visite express de Tokyo en une journée et le soir, il a repris un vol retour de 14 heures.

Quel sens ça peut bien avoir, en 2026, de vouloir faire ça et de l’afficher ? Je me pose la question.

Et vous, comment vous organisez vos voyages ? Vous êtes plutôt speed en vacances, ou plutôt slow tourisme, et pourquoi ?

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Le slow tourisme selon L'étape suivante

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